Dans le cadre des projets SIEGES et COLIBRI, sièges passagers du futur, financé par la Direction Générale de l’Aviation Civile, Safran Seats France, s’est appuyé sur les compétences technologiques de l’institut Carnot ARTS pour l’accompagner dans le développement d’une nouvelle génération de sièges passagers pour aéronef.

L’entreprise et l’innovation

Safran Seats compte parmi les leaders mondiaux du marché des sièges d’avion (sièges pilotes, sièges de classe économique et business) et dispose ainsi d’un accès direct à ce secteur constitué de plus de 200 compagnies aériennes clientes. Les produits Safran Seats sont reconnus par ses clients pour leur créativité, récompensée de nombreuses fois lors d‘événements tels que Reddot Design Award, Crystal Cabin Award ou SkyTrax. Cette innovation est renforcée par des projets en collaboration avec des centres de recherches experts dans leur domaine.

Le défi à relever

Tous les ans, les compagnies aériennes consacrent à leur cabine entre 7 et 10 milliards d’euros, dont 30 % du budget destinés aux seuls sièges. Pour faire progresser cet élément essentiel de la cabine, des recherches objets de ces projets doivent être menées pour lever des verrous technologiques afin de proposer à terme des sièges :

  • plus confortables,
  • permettant aux passagers de bénéficier des nouveaux services offerts à bord par les compagnies,
  • garantissant la parfaite sécurité de son occupant, permettant, le cas échéant, une évacuation d’urgence encore plus rapide et empêchant que des objets suspects n’y soient dissimulés,
  • moins encombrants pour optimiser le temps d’embarquement et de débarquement afin d’effectuer davantage de rotations pour l’avion ou pour installer plus de sièges à bord pour augmenter le nombre de places vendues,
  • permettant l’accès à bord de tous les passagers, sans aucune discrimination : âge, handicap ou morphologie.

Le partenariat

Les travaux du LAMIH (UMR CNRS/Université Polytechnique Hauts-de-France 8201) visaient à produire des recommandations pour les futurs sièges d’aéronef de classe économique, dans l’optique d’améliorer, d’une part, l’accessibilité au siège pour des personnes présentant des difficultés à la marche et celles en fauteuil roulant et, d’autre part, le maintien dans le siège pour les usagers d’un fauteuil roulant.

Ces travaux ont conduit le LAMIH à développer des plateformes expérimentales pour analyser, en environnement contrôlé, le ressenti et les mouvements de personnes à mobilité réduite lors de leur accès au siège d’avion et lorsqu’elles sont soumises à des perturbations semblables à celles ressenties dans l’avion. Outre ces travaux d’analyse du mouvement et d’ergonomie, le LAMIH a développé des modèles biomécaniques représentatifs de personnes ayant une lésion médullaire complète afin de mieux comprendre leur stabilité en position assise et d’estimer des paramètres inobservables tels que les efforts développés au niveau lombaire. Dans ce cadre, le LAMIH a eu recours aux outils théoriques de l’automatique. Si ce travail ne manque pas de perspectives (par exemple le développement d’un simulateur numérique pour estimer la qualité d’un siège, en termes d’accessibilité et de maintien, en phase de conception), Safran Seats France pourrait retenir les recommandations émises pour le développement de ses futurs sièges de classe économique.

 

Légende : Simulateur PSCHITT-PMR et son module aéronautique.

Les projets SIEGES et COLIBRI nécessitaient pour la partie physique des connaissances en biomécanique et ergonomie ainsi que les installations nécessaires pour les essais : banc simulant les phases de vol, système d’acquisition de mouvements. De plus, il s’agissait de développer un outil de simulation faisant appel à des connaissances en automatique et mathématique. Le LAMIH rassemblait ces multiples compétences et installations ce qui orienta notre choix qui se confirma tout au long du projet.

Jean-Marc Obadia

Innovation Project Manager, Safran Seats France